Le style Hollande à l’épreuve des faits

Les Echos

Le chef de l’Etat a cherché à imprimer son style. Mais il n’est pas parvenu à faire avancer la taxe sur les transactions financières.

Pour son premier G20, François Hollande s’est surtout appliqué à imprimer son style. Le chef de l’Etat, qui participait à son tout premier sommet du genre, l’a glissé lui-même hier devant les journalistes français : « A la différence d’autres, je ne veux mettre personne en difficulté, en accusation. C’est un état d’esprit, une noblesse d’âme, un sens des responsabilités. » Il n’a pas donné de nom, mais ce n’était pas nécessaire. Il s’agissait pour lui de marquer – une fois encore -sa différence avec un Nicolas Sarkozy moins consensuel que lui, plus direct, plus tranchant, davantage dans le rapport de force. Et de répondre, à sa manière, aux critiques de David Cameron qui, la veille, ne l’avait pas épargné sur la très controversée taxation à 75 % des revenus supérieurs à 1 million d’euros. Des propos dont s’étaient aussitôt emparés le Medef et l’UMP en France (lire page 4)

Un défenseur du compromis

« Ma responsabilité dans ce sommet, a affirmé François Hollande, c’est de faire qu’il y ait une confiance, une convergence. Je ne ferai rien qui puisse ébrécher la cohésion des Européens. Chacun doit être responsable de ce qu’il dit. » Sur le fond, le président a toutefois expliqué que le problème de compétitivité de l’économie française n’était pas de son fait, rappelant sa détermination à « travailler pour le redressement de notre industrie ». A la fin du quinquennat, a-t-il dit, « nous ferons la comparaison » avec la Grande-Bretagne.

Se refusant à parler de la France, si ce n’est pour se féliciter de l’issue des législatives (« La cohérence, ça compte. Nos partenaires ont été impressionnés par l’ampleur de cette majorité »), le  chef de l’Etat s’est posé comme un défenseur acharné du compromis et de l’unité européenne, qui ne doit pas se faire imposer ses vues. « Ce qui compte, a-t-il dit, c’est d’arriver à la bonne position. » Le problème, c’est que ce style est pour la première fois soumis à l’épreuve des faits. François Hollande, qui avait épinglé les faibles résultats de son prédécesseur, a été contraint de renoncer à une de ses priorités : la taxe sur les transactions financières, qui ne devait même pas apparaître dans le communiqué final de Los Cabos. Un recul par rapport au sommet de Cannes, en novembre dernier. « Si nous voulons avancer, ne recherchons pas l’unanimité. Elle est impossible », a-t-il plaidé. Pas question pour autant de parler d’échec. Aux Européens d’avancer désormais par le biais de la coopération renforcée, a souligné François Hollande, préférant se targuer d’avoir « atteint » ses objectifs sur la croissance et la stabilité financière.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :