Production agricole : risques accrus de pénurie d’ici à 2050

Les Echos

Pour nourrir les 9 milliards d’habitants en 2050, la production agricole devra augmenter et faire face à toute une série de contraintes qui pourraient la compromettre.

La bonne nouvelle est trompeuse. Dans leur rapport conjoint publié hier sur les perspectives agricoles pour la période 2012-2021, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estiment que le rebond de la production agricole devrait apaiser les marchés. Finies, donc, a priori, les « turbulences considérables » de ces dernières années. Sur les dix ans à venir, « les prix alimentaires vont décroître ou rester stables même si, en moyenne, ils seront de 10 à 30 % plus élevés que dans la décennie précédente », déclarait hier le directeur de la FAO, José Graziano da Silva.

Les relatives bonnes nouvelles s’arrêtent là. Car les défis qui pèsent sur la production agricole paraissent immenses. Comment nourrir la planète en 2050, avec une population qui doit augmenter d’ici là de 2 milliards d’habitants et qui vivra davantage dans des villes ? Les habitants devront donc acheter, et non plus produire, leurs aliments. L’offre agricole est-elle capable de suivre le rythme de la demande ?

Pour nourrir les 9,1 milliards de personnes en 2050, la production agricole doit augmenter de 60 %, estiment la FAO et l’OCDE. Et ce chiffre ne tient pas compte de la croissance du secteur des biocarburants !

Manque de surfaces

Or l’augmentation annuelle moyenne de la production agricole d’ici à 2021 sera moins forte que pendant les dix années passées (voir graphique). Autre contrainte, non négligeable : la possibilité d’augmenter les surfaces agricoles est limitée. La superficie labourable totale devrait s’accroître de moins de 5 % (69 millions d’hectares) d’ici à 2050. « La hausse de la production devra donc être assurée par une amélioration de la productivité », concluent la FAO et l’OCDE. Les gains de productivité sont attendus avant tout dans les pays en développement, qui pourraient réduire leur retard dans ce domaine. A ce jour, les pays en développement continuent de s’arroger une part de plus en plus importante de production. La production de céréales est en forte augmentation en Argentine, au Brésil, en Chine ou encore en Inde. Les émergents sont présents aussi dans la hausse de la production des huiles végétales.

Mais le rattrapage du retard de productivité du monde en développement n’est pas la solution à tout. Car « une grande partie de la hausse de la production ira à la fabrication de biocarburants », indique le rapport. Par ailleurs, « quelque 25 % de la totalité des terres agricoles sont très dégradées ». Et le changement climatique pourrait conduire à la multiplication d’ « événements météorologiques extrêmes ».

A moins que… la demande agricole en 2050 soit finalement moins élevée qu’on ne l’imagine aujourd’hui. Une croissance moins importante du PIB dans les BRICS aurait des répercussions non négligeables sur la demande agricole. La modification des habitudes alimentaires au profit de produits à plus forte valeur ajoutée se ferait alors à un rythme plus lent que prévu. La demande transmise aux marchés mondiaux serait, de fait, moins importante et les prix moins élevés. Mais ce n’est qu’un scénario…

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