Comment GM, Ford et Chrysler ont rebondi

Les Echos

L’Etat a injecté des milliards de dollars, nationalisé GM et contraint ce dernier et Chrysler à se restructurer. Aujourd’hui, les ventes des trois constructeurs sont à un niveau record.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En juin, les ventes de General Motors, Chrysler et Ford ont progressé de 14 %. Selon TrueCar, il devrait se vendre 14,5 millions de voitures cette année aux Etats-Unis. Quel contraste avec 2008 ! A l’époque, les ventes sont tombées de 16 millions à une petite dizaine de millions en moins de deux ans. Les constructeurs sont surendettés, en particulier GM, et la faillite de Detroit semble imminente.

A peine élu, Barack Obama puise dans les réserves du TARP – le fonds a priori réservé au sauvetage des banques -pour sauver l’automobile. Plus de 60 milliards de dollars sont injectés par l’Etat fédéral. Fait inimaginable aux Etats-Unis, celui-ci prend 61 % de GM. Le constructeur change les dirigeants, ferme des usines, diminue le nombre de marques et de concessionnaires. Deux hommes vont orchestrer le sauvetage : Steve Rattner, un ancien de Lazard, nommé par le président pour s’acquitter de cette tâche herculéenne, et Ron Bloom, qui gère le dossier depuis le Trésor. Leur action sauvera près de 1 million d’emplois directs et indirects.

Chrysler se place le premier sous la protection de la loi sur les faillites, en mai 2009, GM l’y rejoignant un mois plus tard. Deux procédures éclair. Au terme d’une restructuration qui passe par de nouveaux accords avec les syndicats, la scission de GM est entérinée : une structure porte la dette, l’autre l’entité opérationnelle. Allégée et assainie, cette dernière se fera coter en novembre 2010, levant 23,1 milliards de dollars au passage. Un record historique qui permet de rembourser en partie les aides d’Etat.

Un contexte favorable

Très différente, la renaissance de Chrysler s’est construite sur l’alliance avec Fiat, qui a pris 20 % du capital mi-2009. Le groupe italien a peu à peu fait croître sa participation. Il est de nouveau prêt à l’augmenter à 61,8 %. Sergio Marchionne, l’administrateur délégué de Fiat-Chrysler, estime que les objectifs de bénéfice d’exploitation pourraient être dépassés cette année, allant au-delà des 3 milliards de dollars escomptés.

De son côté, Ford s’est débrouillé seul, trouvant l’argent au moment le plus difficile via une augmentation de capital que personne ne pensait voir réussir. Fin 2011, le constructeur a enregistré un bénéfice annuel historique de 20,2 milliards, grâce il est vrai à des gains exceptionnels. Allan Mulally est le seul patron des trois grands constructeurs resté aux commandes.

Plusieurs facteurs ont soutenu cette renaissance : un bon timing d’abord, les constructeurs étant restructurés quand le marché est reparti ; le renouvellement d’un parc vieillissant par les Américains, qui avaient retardé leurs achats pendant la récession ; la baisse du prix de l’essence, qui a enlevé un frein ces derniers mois ; enfin, une politique accommodante de la Réserve fédérale, qui maintient les taux d’intérêt bas pour les emprunteurs.

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