Hollande sous pression

Les Echos

Deux mois après son entrée à l’Elysée, le plan social annoncé par PSA est la première grande épreuve sociale à laquelle est confrontée le président.

La scène se déroule le 2 mai dernier au coeur de l’élection présidentielle. Ce soir-là, François Hollande arrive devant le studio 107 de La Plaine Saint-Denis, où il doit croiser le fer avec Nicolas Sarkozy lors du traditionnel débat de l’entre-deux-tours. Avant de pénétrer dans le bâtiment, le socialiste prend soin d’aller à la rencontre d’ouvriers de PSA à Aulnay-sous-Bois, qui manifestent contre l’éventuelle fermeture du site. Des ouvriers que Nicolas Sarkozy a, lui, préféré éviter. « Sachez bien qu’après le 6 mai, nous regarderons le sujet. Je le connais, affirme alors le candidat. J’ai déjà rencontré un certain nombre de vos représentants, je le ferai après. Je sais quelle est votre inquiétude. » Et d’insister : « Après le 6 mai, nous aurons rendez-vous. » Dix semaines plus tard, la promesse embarrasse l’Elysée. La fermeture du site d’Aulnay a été annoncée par PSA, mais le chef de l’Etat a omis de recevoir les salariés – contrairement à Arnaud Montebourg. « Il va les recevoir. Forcément », dit un de ses proches.

« Vive préoccupation »

Personne ne saurait évidemment mettre au débit du nouveau président la situation du constructeur automobile. Une entreprise « totalement privée », a insisté Bruno Le Roux, le chef de file des députés PS. Mais l’affaire le met sous pression. Au-delà de la promesse faite aux salariés d’Aulnay, ces suppressions massives d’emplois sont le premier grand test social auquel est confronté le socialiste. Lequel a fait du « redressement productif » une priorité et sait qu’il sera jugé sur les faits. Elles risquent aussi de donner prise aux critiques de l’UMP sur la méthode choisie pour la conférence sociale : une feuille de route « alors qu’il y a urgence ». Soucieuse de ne pas apparaître dans l’exploitation d’un « drame national », rappelée aussi à ses propres responsabilités en la matière, la droite est restée relativement mesurée dans ses déclarations. Mais elle a mis au défi François Hollande de tenir ses engagements de campagne, de « s’impliquer tout de suite » et d’ « y regarder à deux fois » avant de supprimer la TVA sociale. La gauche de la gauche s’est montrée plus virulente. Les communistes ont appelé le chef de l’Etat hier à « ne pas rester l’arme au pied » et à « s’opposer » à ce plan social. Quant au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, il a réclamé l’interdiction « immédiate » des licenciements boursiers.

François Hollande a laissé son gouvernement en première ligne. Tout juste l’Elysée a-t-il pris soin de faire savoir qu’il avait fait part à Jean-Marc Ayrault de sa « vive préoccupation » et lui avait demandé de « tout mettre en oeuvre » pour réduire l’impact social du plan. « Le volontarisme, c’est le seul message possible. Il faut sauver ce qui peut l’être », tranche un de ses fidèles. Le chef de l’Etat, qui doit s’exprimer le 14 juillet, veut éviter l’aveu d’impuissance de Lionel Jospin en 2000 après des licenciements chez Michelin : « L’Etat ne peut pas tout. » L’Elysée estime que l’affaire PSA confirme « malheureusement » la réalité de la désindustrialisation. Et donc la nécessité de l’action de « redressement » engagée. Il y a peu, un ministre confiait : « Ce qui se passe en France est vraiment violent. Et c’est maintenant que ça se joue… »

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