« Le règlement de la question bancaire espagnole va calmer les marchés »

Les Echos – CYRIL REGNAT STRATÉGISTE TAUX CHEZ NATIXIS

Redoutez-vous un rebond de la crise dans les semaines à venir ?

Il me semble au contraire que la situation s’est améliorée par rapport à il y a deux ou trois semaines. La recapitalisation directe des banques espagnoles par la zone euro vient limiter les risques sur des finances publiques déjà fragiles. De plus, la dernière réunion des ministres des Finances de la zone euro a fait des annonces plus précises sur le timing des recapitalisations avec notamment la mise à disposition d’une première tranche de 30 milliards d’euros à la fin du mois, ce que les marchés ne prévoyaient pas aussi rapidement. Le risque de crédit associé au secteur bancaire espagnol diminuera donc dans l’absolu. Cela devrait permettre aux plus grandes banques espagnoles, BBA et Santander, de revenir sur le marché. A mon avis, il n’y aura pas de catastrophe cet été.

Mais les investisseurs ne sont-ils pas inquiets de la situation économique en Espagne et en Italie ?

Je pense que le règlement de la question bancaire espagnole va calmer les marchés. Car c’est la situation espagnole qui, par effet de contagion, a alimenté la hausse des taux de financement italien. Si le 20 juillet, les ministres des Finances bouclent définitivement l’accord avec l’Espagne, via le « Memorandum of understanding », cela ouvrira la voie à des rachats de dettes souveraines espagnole et italienne sur les marchés primaire et secondaire. C’est ce que les investisseurs attendent avec impatience. L’accord technique qui a été signé lundi soir entre la Banque centrale européenne (BCE) et le FESF va dans ce sens.

Pour vous, les risques dans la zone euro se sont donc atténués ?

En partie, oui. Mais en partie seulement. Car il reste la détérioration de la conjoncture économique, qui est, pour moi, le plus gros obstacle au retour de la confiance. La BCE n’a pas annoncé de reprise dans les mois qui viennent. La faiblesse de l’activité, voire la récession dans les pays du sud de l’Europe oblige ces derniers à accroître encore l’austérité. On l’a vu ces jours derniers en Italie, où le gouvernement de Mario Monti a adopté un nouveau plan de 26 milliards d’euros et en Espagne, où Mariano Rajoy a annoncé 65 milliards d’économies nouvelles. Même si Madrid a gagné un an de plus pour ramener le déficit public sous les 3 % du PIB, ces coupes budgétaires ne feront que repousser le retour de la croissance, au plus tôt à 2014. La bonne nouvelle c’est que, dès cette année, la majorité de la zone euro, dont l’Italie, aura ramené son déficit sous la barre fatidique des 3 %, et ça, c’est un point non négligeable pour les marchés. Je pense que fin 2012, l’écart entre les taux de financement italien et allemand sera inférieur à ce qu’il est aujourd’hui.

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