« Les Etats-Unis sont sans doute déjà entrés en récession »

Les Echos – ALBERT EDWARDS, RESPONSABLE DE LA STRATÉGIE GLOBALE, SOCIÉTÉ GÉNÉRALE CROSS ASSET RESEARCH

Quels sont les principaux risques pour les marchés dans les prochains mois ?

La crise est loin d’être finie. Au-delà des inquiétudes sur la zone euro – qui vont demeurer -, les craintes sur le reste du monde vont devenir de plus en plus importantes, au cours de l’été. Tous les éléments d’une récession mondiale sont en place. La Chine risque de souffrir d’un ralentissement brutal. De plus en plus de statistiques vont inquiéter les investisseurs ces prochaines semaines. Le PIB de la Chine pourrait ralentir à 3 %, voire moins. Toutefois, à la différence d’il y a quelques mois, le risque chinois est de mieux en mieux appréhendé par les investisseurs. La situation aux Etats-Unis, en revanche, est bien moins intégrée par les marchés, alors que le pays est sans doute déjà en récession, comme le suggèrent les indices ISM.

De quelle ampleur ?

Elle pourrait être moins importante que lors de la crise de 2008, mais néanmoins significative. Alors que le consensus prévoit toujours une croissance d’environ 2,5 % cette année, l’économie entre en récession avec un PIB en recul potentiel de 2 %. Cela risque de provoquer une forte chute des résultats des sociétés, pouvant aller jusqu’à 30 % à 40 %. Les marges des entreprises sont actuellement à leurs plus hauts historiques. Les avertissements sur résultats devraient donc se multiplier tout au long de la saison des publications cet été. En excluant les valeurs financières, les profits des entreprises américaines ont déjà commencé à baisser au deuxième trimestre. Et ce n’est que le début !

Comment voyez-vous les marchés évoluer ?

Le marché n’a pas encore pris en compte tous les risques sur l’économie américaine. Il s’inquiète du futur, après les élections, en particulier des reconductions d’exemptions d’impôts et de charges et de baisses des dépenses de l’Etat (davantage que la récession, NDLR). Le S & P 500 pourrait ainsi atteindre son plus bas de mars 2009 à 666 points (soit un indice divisé de plus de moitié, NDLR), dans les prochains mois. Et les autres marchés mondiaux risquent d’être affectés. D’autant que les volumes baissent dans la période estivale, amplifiant les mouvements.

Un nouveau programme d’assouplissement quantitatif de la Fed ne pourrait-il pas limiter la chute des marchés ?

Des statistiques macroéconomiques décevantes aux Etats-Unis augmentent, en effet, la probabilité d’une troisième vague d’assouplissement quantitatif. Mais les deux précédents programmes ont eu de moins en moins d’effets sur la croissance et les marchés.

Les banques centrales ne peuvent pas empêcher une récession : elles peuvent juste en limiter l’impact. Les investisseurs sont trop confiants dans la capacité de ces institutions, dans le contexte de désendettement massif.

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