Pour rebondir, les marchés doivent capituler

Les Echos

D’après l’analyse technique, si l’Euro Stoxx passe sous les 2.000 points cet été, les marchés européens peuvent espérer s’offrir un rebond rapide.

Pour rebondir, les marchés doivent capituler

Une bonne capitulation serait tout le mal que l’on pourrait souhaiter aux marchés européens. Sans cela, point de rebond, car jusqu’à présent les dirigeants politiques européens n’ont pas pris les bonnes décisions pour enrayer la crise et rassurer les investisseurs. On n’en est pas encore là. L’Euro Stoxx 50 évolue entre 2.000 et 2.500 points depuis un an, un tunnel dont il n’arrive pas à sortir. Et le rebond récent n’y change rien. Toute tentative de hausse échoue et l’indice est ramené vers le bas. « La tendance baissière est bien installée, souligne Valérie Gastaldy, stratégiste du bureau d’analyse technique Day By Day, désigné par le cabinet AQ Research comme meilleure recherche européenne sur les actions européennes et sur les actions françaises. Il est difficile de dire si l’Euro Stoxx passera sous les 2.000 points avant ou après le 15 août, mais il en prend le chemin. Il n’est pas exclu qu’il aille tester les points bas réalisés en mars 2003 et mars 2009 autour de 1.800 points. » Au menu donc, une baisse de 8 % pour atteindre les 2.000 points. Et 10 % de plus si le scénario d’un retour vers les points bas est amené à se réaliser.

« Nous sommes dans l’inédit »

Pourquoi les marchés ne peuvent-ils pas rebondir ? «  D’un point de vue graphique, nous avons des sommets très descendants, qui symbolisent la puissance des vendeurs, et qui poussent fort vers le support à 1.800 points. Ce dernier, horizontal, démontre que les acheteurs ne sont pas plus optimistes qu’avant. Ceci exige plutôt un nouveau creux », explique Valérie Gastaldy. Quand une tendance baissière est initiée, il faut en effet une figure de retournement pour y mettre fin. « Cela peut être des mouvements extrêmement rapides de panique, que l’on puisse voir sur une semaine au minimum, ajoute la stratégiste. Idéalement, il faut une capitulation qui serait déclenchée par une chute de 15 % à 20 % des indices. A partir des niveaux actuels, on ne dessine pas cette figure. » L’alternative n’est pas plus heureuse. «  Si les marchés ne baissent pas maintenant ou d’ici l’automne, ils vont évoluer dans un « trading range » [NDR : un tunnel] pendant un à deux ans », indique Valérie Gastaldy.

Selon Day By Day, les places européennes n’avanceraient pas de la même façon. L’Ibex 35 et le MIB, les indices espagnol et italien, ne pourraient pas éviter la capitulation. Les autres peuvent se défendre, car il y a de fortes différences sectorielles dans leur composition. Actuellement, les banques et les compagnies minières sont maltraitées. En revanche, les valeurs de la santé se défendent plutôt bien.

«  Aujourd’hui, nous sommes dans l’inédit, déclare la porte-parole du bureau d’analyse. Il faudrait des historiques plus longs en Europe pour faire des comparaisons. Si aux Etats-Unis, nous disposons de données sur plus d’un siècle de manière fiable, en Europe, elles n’ont que vingt-cinq ans. »

Day By Day pense aujourd’hui que Wall Street a la capacité d’enchaîner deux années de croissance autour de 10-12 %, à partir de 2013. Ce découplage n’est pas sans incidence. « Jamais, l’Europe n’a aussi longtemps sous-performé les Etats-Unis », fait remarquer la stratégiste. Un jour, cet écart devra se combler.

 

 

 

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