BHP gèle un projet de 20 milliards de dollars en Australie

Les Echos

Le premier groupe minier mondial a enregistré sur l’exercice 2011-2012 un bénéfice net en repli de 35 %. Pénalisé par la baisse des prix des matières premières et l’inflation des coûts opérationnels, le groupe a décidé de lever le pied sur ses dépenses pour l’an prochain.

Le projet d\'extension de la mine australienne d\'Olympic Dam, la plus grande à ciel ouvert au monde, va être repensé. - AFP

BHP Billiton a tiré les leçons du ralentissement de la croissance chinoise. Le premier groupe minier de la planète a annoncé hier qu’il allait réduire le rythme des investissements dans de nouveaux projets. Emblématique, l’agrandissement de la mine géante d’Olympic Dam, située au nord d’Adélaïde en Australie, sera ainsi repensé. Ce projet était pourtant capital pour l’avenir du groupe anglo-australien. Grâce aux travaux prévus pour son exploitation en profondeur, cette mine, la plus grande à ciel ouvert au monde, devait multiplier par 4 sa production de cuivre, par 10 celle de son or et par 5 celle d’uranium. «  Après avoir repensé ses priorités en allocation de capital, BHP Billiton a décidé d’étudier une option moins gourmande en capitaux pour l’extension d’Olympic Dam », a expliqué Marius Kloppers, directeur général du groupe. Ce projet devait coûter 20 milliards de dollars. «  Avec 20 projets majeurs en cours représentant un budget de 22,8 milliards de dollars, nous sommes largement engagés pour l’exercice 2012-2013. Aucun projet majeur ne sera approuvé avant juin 2013 », a indiqué BHP, qui avait précédemment mis en avant un programme d’investissement de 80 milliards de dollars sur cinq ans. Sur ses deux autres grands projets, l’Outer Harbour en Australie et celui de la mine de potasse Jansen, au Canada, le groupe n’a pas fait de commentaire.

Comme tous les grands groupes miniers, BHP Billiton a souffert depuis un an d’une baisse des prix des matières premières, particulièrement marquée pour les métaux de base et le minerai de fer, de l’explosion des coûts de production et du ralentissement de la demande chinoise. Du coup, alors que, l’an dernier, BHP Billiton avait inscrit un record historique, avec un bénéfice net de 23,6 milliards de dollars, sur l’exercice 2011-2012, clos au 30 juin, son résultat net part du groupe a chuté cette fois-ci de 35 %, à 15,4 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires de 72 milliards.

Amélioration pour début 2013

Ce résultat intègre 2,5 milliards de dépréciations d’actifs, notamment dans le gaz de schiste (Fayetteville) acquis en mars 2011 auprès de Chesapeake Energy et dans le nickel. Son cash-flow opérationnel net ressort à 24,4 milliards, en baisse de 18,9 %, ce qui réduit sa capacité à investir. Le groupe se montre néanmoins confiant. A court terme, BHP Billiton s’attend encore à une volatilité des prix et de la demande, du fait d’une conjoncture défavorable dans le BTP et dans l’industrie de transformation. Mais le groupe table sur une amélioration de la conjoncture dès le début de 2013, à la suite de nouvelles mesures de stimulation de l’économie, en particulier en Chine.

Le prochain exercice sera néanmoins placé sous le signe de la discipline et de la réduction des coûts d’exploitation. BHP est d’autant plus confiant sur sa capacité à y parvenir que les mines de charbon au Queensland ou de cuivre au Chili (Escondida) devraient pouvoir à nouveau produire à pleine capacité.

 

 

 

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