Dilma Rousseff fait plier les syndicats de fonctionnaires

Les Echos

La présidente brésilienne est en passe de remporter l’épreuve de force contre les fonctionnaires, en grève depuis trois mois. Malgré le ralentissement de l’économie, elle jouit d’une popularité record.

un demi-million de fonctionnaires doivent reprendre le travail lundi. Dilma Rousseff a fait preuve de fermeté au long de trois mois de grève, et n’a guère fait de concessions. Tout juste désignée comme la troisième femme la plus puissante du monde par le magazine « Forbes », la présidente du Brésil est en passe de remporter son premier bras de fer contre la fonction publique. En rappelant très clairement qu’au Brésil, les fonctionnaires ne jouissent pas seulement de la stabilité de l’emploi mais gagnent généralement davantage que les salariés du secteur privé.

Le gouvernment a, certes, tardé à réagir au mouvement déclenché en mai par les professeurs d’université. Très vite, la grève a fait tache d’huile. Un mouvement émaillé de quelques provocations, comme lorsque des policiers en grève ont déployé une banderole en bord d’autoroute, annonçant : « La voie est libre pour les trafiquants d’armes et de drogue. »

Brasilia a bien été le théâtre d’une série de manifestations au cours des dernières semaines, mais le gouvernement n’a pas fléchi. Face à des revendications d’augmentation de salaires allant jusqu’à 70 %, il a maintenu sa proposition d’une hausse de 16 % échelonnée sur trois ans, soit, grosso modo, le montant de l’inflation. Une proposition assortie de concessions, notamment sur le paiement des journées perdues en raison de la grève. «Lundi, tout le monde retourne au travail », affirme Josemilton Costa, coordinateur de la Confédération des travailleurs du secteur public.

Mieux que Lula

Certains fonctionnaires issus de la police fédérale, du fisc ou de la douane refusent pour l’instant l’accord proposé. Une poignée d’irréductibles qui constituent environ 10% des effectifs. Mais le gouvernement a prévenu : le projet de budget sera bouclé demain. Et s’il n’y a pas d’accord avec les syndicats respectifs, il n’y aura pas d’augmentation cette année. Un langage auquel les syndicalistes n’étaient guère habitués après les années Lula. Cet ancien syndicaliste avait pratiquement doublé le montant de la feuille de paie des fonctionnaires lors de son passage au pouvoir entre 2003 et 2010.

Mais Dilma Rousseff se démarque de plus en plus du style de son prédécesseur. Elle invoque la crise internationale pour justifier sa prudence budgétaire. Après avoir fait la chasse à la corruption au sein du gouvernement (démission de sept ministres en un peu plus d’un an), elle durcit le ton à l’égard des fonctionnaires, qui constituent pourtant le fonds de commerce électoral de son Parti des travailleurs (PT).

Ce style « dame de fer » paraît faire recette. Les derniers sondages confèrent toujours à Dilma Rousseff une popularité record : 76 %. Son gouvernement est également crédité de 57 % d’opinions positives (+ 7 points en un an), malgré le ralentissement de l’activité économique (la croissance devrait être inférieure à 2 % cette année). Soit encore mieux que Lula lui-même.

 

 

 

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