Pékin pris entre deux impératifs contradictoires

Les Echos

Le gouvernement chinois est pris entre la nécessité de réguler davantage le secteur bancaire et celle de continuer à développer la consommation par le crédit.

Comment piloter les banques ? Pour les autorités chinoises, la question tourne au casse-tête. D’un côté, la conjoncture en très nette baisse et la transition politique en cours incitent Pékin à lâcher du lest. Sur le plan monétaire, l’heure est au relâchement. Deux baisses de taux d’intérêt et surtout trois diminutions des taux de réserves obligatoires ont été annoncées pour permettre aux institutions de renouer avec le crédit. Plus récemment, la banque centrale est intervenue vigoureusement pour augmenter les liquidités sur le marché interbancaire. Et la dernière levée de fonds d’une banque chinoise (celle de Bank of Communications) s’est faite par placement privé avec le soutien, essentiellement, de grandes structures étatiques.

Les excès se payent

Le problème est que les toutes dernières années ont enseigné au régime chinois que les excès en matière de crédit finissent par se payer. Le plan de relance annoncé fin 2008, essentiellement financé par les banques, a non seulement entraîné une poussée d’inflation, mais il a surtout entamé la crédibilité du bilan des institutions financières. Sommées par leurs autorités de prêter sans discernement, et implicitement assurées du soutien de l’Etat qui reste le plus souvent leur principal actionnaire, celles-ci ont notamment financé des projets d’infrastructures douteux impulsés par les autorités locales. Pékin en a tiré la conclusion qu’il est impératif de rationaliser le secteur. Ce qui implique d’abord d’en renforcer les garde-fous, en durcissant les normes prudentielles. Mais aussi de le confronter aux réalités du marché.

Toutes les réformes annoncées ces derniers mois tendent donc vers un seul but : la libéralisation. La plus emblématique a concerné la possibilité, pour les banques, de rémunérer les dépôts à des niveaux légèrement supérieurs au taux de référence, et de prêter pour moins cher que le taux qui constituait jusqu’alors un plancher. Autre mesure : les autorités multiplient les alternatives au secteur bancaire pour le financement des entreprises. En particulier, le marché obligataire connaît un sérieux coup d’accélérateur. Le dosage se doit donc d’être subtil. Car si Pékin a besoin, d’urgence, d’un système bancaire efficace, il sait que, à plus court terme, il lui faut surtout continuer à soutenir ce secteur, dont la solidité est le fondement de tout l’édifice économique chinois.

 

 

 

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