Surtout, ne pas fâcher Martine

Les Echos

François Hollande n’avait qu’une obsession : éviter que Martine Aubry joue les prolongations à la tête du PS. La maire de Lille n’avait qu’une condition : partir d’elle-même et sous les applaudissements . Les statuts du parti ont fait le reste pour offrir le scénario idéal aux deux anciens rivaux de la primaire présidentielle.

Et voilà comment, en un an, le Parti socialiste est passé de la démocratie la plus large : le candidat à l’Elysée désigné par 2,86 millions d’électeurs, à à l’opacité la plus totale : le premier secrétaire choisi par… une seule personne, la titulaire sortante du poste.Qui de Jean-Christophe Cambadélis ou de Harlem Désir succédera à Martine Aubry ? C’est elle, et elle seule, qui en décidera. Il n’y aura pas à comprendre ce choix, ni à le défendre ou à le pourfendre ; il suffira de l’apprendre. Ce sera « cette semaine », a confirmé le porte-parole du PS, après un rendez-vous avec Jean-Marc Ayrault. Au moment où, avec le match Fillon-Copé, l’UMP découvre les vertus de l’arbitrage militant, le contraste est frappant.

Bien sûr, les apparences sont sauves. Les adhérents voteront bien le 18 octobre sur le nom du premier secrétaire.

Mais, en vertu des règles adoptées après le traumatisme du congrès de Reims, « premier secrétaire » est devenu synonyme de « premier signataire d’une motion ». Et la décision de Martine Aubry et de Jean-Marc Ayrault de parrainer une seule et même motion a supprimé tout suspense. Qui, à part l’aile gauche du parti, peut prétendre rester en marge d’un texte porté par le chef du gouvernement lui-même et la patronne en titre du parti ? Mais l’impression de verrouillage est telle que Harlem Désir a suggéré hier de permettre une vraie confrontation directe devant les militants. Une ouverture peut-être liée à un pronostic favorable à Cambadélis.

Sur le fond, la motion unique répond à un souci unique : ne pas compliquer la tâche du gouvernement. Que ce soit Cambadélis, fin connaisseur de toute la gauche, ou Désir, efficace intérimaire lors de la primaire, ce n’est ni un prétendant à Matignon ni un présidentiable qui s’installera rue de Solferino. Pour le couple exécutif, le premier secrétaire sera donc un relais, pas un rival ou une vigie.

Mais, pour Hollande, la clef de la tranquillité était de ne pas donner envie à Aubry de rempiler. Ne rien faire qui la fâche ! C’est la consigne qu’il a donnée à ses proches dès son élection. Mission accomplie. Contrairement à Mitterrand ou à Jospin, Hollande n’aura pas un homme à lui à la tête du PS. Mais, au moins, ce ne sera pas elle.

 

 

 

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