Le patron de l’industrie allemande fustige le modèle français

Les Echos

Selon Hans-Peter Keitel, à la tête de la BDI, il est urgent que la France change son modèle où l’interventionnisme de l’Etat reste trop important. Il craint la détérioration de ses conditions de financement, qui signifierait la fin de l’euro.

Hans-Peter Keitel, président de la Fédération allemande de l\'industrie. - AFP / ODD ANDERSEN

 

Dans les milieux d’affaires allemands, les critiques sur la stratégie économique de la France commencent à poindre publiquement. Hier, le président de la Fédération allemande de l’industrie (BDI), Hans-Peter Keitel, a vertement critiqué le modèle économique français « toujours organisé sur la base d’un interventionnisme de l’Etat ». Lors d’un congrès bancaire à Francfort, il a pris en exemple le modèle allemand, où la croissance «  est obtenue dans les entreprises », tandis que « demeure en France un modèle où l’on va organiser la croissance à partir de l’interventionnisme de l’Etat ».« Il faut que la France change très vite d’orientation », a encore plaidé le patron du BDI, car la différence de croissance entre la France et l’Allemagne ne fait qu’augmenter. Le ralentissement de l’activité est marqué cette année en France, où la croissance pourrait s’établir au mieux à 0,4 %, quand l’Allemagne devrait connaître, selon l’Insee, une croissance de 1 %, bien au-dessus de la moyenne de la zone euro, en pleine récession (- 0,3 %). L’Hexagone doit par ailleurs agir de manière intensive pour empêcher les marchés financiers de mettre en doute la solvabilité de l’Etat français. « Je crois que ce serait la fin de l’eurosystème si la France était mise sous tension et parvenait à des conditions de refinancement comparables à ce que connaissent aujourd’hui l’Espagne et l’Italie », a prévenu Hans-Peter Keitel. En août, Nikolaus von Bomhard, patron de Munich Ré, le premier réassureur mondial, avait aussi souligné qu’il fallait s’inquiéter, à côté de l’Italie et de l’Espagne, de ce qui se passait en France, où la politique budgétaire conduite se focalise trop, selon lui, sur les hausses de recettes et pas assez sur la réduction des dépenses. Les réticences de Paris à consentir des abandons de souveraineté sont aussi pointées du doigt.

Montée de l’inquiétude

Au-delà de la défense du modèle allemand, ces commentaires sur la France illustrent aussi la montée d’une certaine inquiétude outre-Rhin de voir l’économie fortement affectée en cas d’aggravation des difficultés dans l’Hexagone. « La France montrera l’exemple dans la responsabilité de son budget 2013 », a assuré de son côté François Hollande, hier, lors d’un déplacement en Italie (lire page 8).

Si le patron du BDI n’a pas illustré ses propos par des exemples précis, il pensait peut-être aux interventions de Paris dans le dossier PSA ou sur les prix de l’essence, alors que Berlin s’est volontairement tenu à l’écart, ces derniers temps, dans des dossiers d’entreprises en difficulté.

 

 

 

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