Les groupes chinois jettent leur dévolu sur les pépites européennes

Les Echos

Selon une étude présentée aujourd’hui au Forum économique mondial de Tianjin, en Chine, 95% des fusions ou acquisitions à l’étranger effectuées par des groupes chinois, hors matières premières, concernent des sociétés européennes.

 

Les groupes chinois jettent leur dévolu sur les pépites européennes

En Europe, on n’a pas de pétrole, mais on a de belles entreprises. C’est en tout cas ce dont semblent convaincues les sociétés chinoises. Si l’on en croit le fonds d’investissement A Capital, qui recense chaque trimestre toutes les fusions et acquisitions de groupes chinois à l’étranger, le Vieux Continent représente non seulement la première destination parmi ces dernières (48 %), mais il attire même à lui seul 95 % des fusions ou acquisitions qui ne concernent pas les matières premières.

La toute dernière étude publiée par A Capital établit ainsi que, au deuxième trimestre 2012, leur montant en Europe (5 milliards de dollars) a représenté le double de ce qu’il était il y a un an, entre avril et juin 2011. Plusieurs grosses transactions intervenues au cours du printemps. La plus chère fut l’acquisition de 21,3 % du capital de l’électricien portugais EDP par China Three Gorges, pour 3,5 milliards de dollars. Plus modeste mais tout aussi emblématique, le rachat par Sany Heavy Industries de l’intégralité du capital de Putzmeister, un fabricant allemand de pompes à béton, pour 661 millions de dollars. Cette transaction est la plus importante réalisée par un groupe privé chinois à l’étranger sur la période. Elle vise à acquérir le savoir-faire et le portefeuille de clients de l’allemand tout en lui offrant de nouveaux débouchés sur le marché chinois. La France n’est pas en reste, comme en témoigne l’acquisition par le fonds souverain chinois CIC de 7 % d’Eutelsat (484 millions de dollars).

La tendance a toutes les chances de se confirmer à l’avenir, juge André Loesekrug-Pietri, qui dirige A Capital : d’une part, « les valorisations des sociétés européennes restent raisonnables » et, d’autre part, dans un contexte d’érosion de la compétitivité chinoise, « les groupes chinois se trouvent face à la nécessité stratégique d’augmenter leur valeur ajoutée en matière de technologies, de marques et d’accès au consommateur ».

Investissements minoritaires

Il n‘en reste pas moins que les matières premières continuent à représenter le gros de l’effort d’investissement chinois à l’étranger, un mouvement qui ne concerne pas l’Europe. Au deuxième trimestre, elles ont pesé à elles seules 53 % des sommes investies. Le pétrolier chinois Sinopec a notamment acquis un tiers du capital de l’américain Devon, pour 2,5 milliards de dollars, tandis que l’australien Gloucester tombait intégralement dans l’escarcelle de Yanzhou Coal Mining, pour 2 milliards de dollars.

Autre tendance qui s’accélère : les investissements minoritaires montent en puissance. Les groupes chinois sont-ils échaudés par les expériences douloureuses des premières grosses acquisitions à l’international et des chocs de culture qu’ils avaient entraînés ? En valeur, 70 % des transactions ont constitué des prises de participation inférieures à 50 % du capital. Pour les auteurs du rapport, cela permet aux acquéreurs de mettre la main sur « des actifs de grande qualité qui, sans cela, ne seraient pas à vendre ». Et de ne pas trop en perturber la bonne marche de fonctionnement.

Quelle que soit leur forme, les investissements chinois à l’étranger semblent en tout cas promis à un bel avenir. L’indice Dragon Index d’A Capital, qui rapporte le stock de ces investissements au PIB, continue en effet sa progression, en se situant à 2.125, contre un niveau de référence fixé à 1.000 en 2001. Alors même que la croissance du PIB ralentit, le poids des investissements à l’étranger continue, lui, d’augmenter, pour s’établir à 24 milliards de dollars sur le deuxième trimestre (ce chiffre, en hausse de 67 % sur un an, inclut non seulement les fusions-acquisitions mais également les investissements dits « greenfield », c’est-à-dire consistant en des installations nouvelles sur des sites vierges).

L’objectif de l’actuel plan quinquennal, qui est de porter le flux de ces investissements au même niveau que celui de capitaux entrants, pourrait bien être atteint : alors que le premier représentait un cinquième du second en 2011, la proportion est aujourd’hui de 77 %.

 

 

 

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