Un numéro un mondial du pétrole au potentiel en sommeil

Les réserves en pétrole du Venezuela dépassent celles de l’Arabie saoudite. Mais le pays produit à peine plus de 3 % du pétrole mondial. La faute à un manque d’experts techniques.

Ce n’est rien de moins qu’une alternance politique dans le pays possédant les plus grandes réserves de pétrole de la planète qui est en jeu dimanche. Le Venezuela dispose en effet de réserves certifiées de 297 milliards de barils, supérieures à celles de l’Arabie saoudite. De quoi susciter une certaine nervosité sur les marchés si le résultat du scrutin présidentiel devait être contesté à partir de lundi.

Paradoxalement, le Venezuela est loin d’être un exportateur de premier plan de pétrole. Il produit à peine plus de 3 % du pétrole mondial. Avec une production estimée par l’Agence internationale de l’énergie à tout juste 2,5 millions de barils par jour, Caracas peine à figurer parmi les dix premiers exportateurs d’or noir. Ses immenses réserves (connues depuis les années 1930, mais qui n’étaient pas certifiées afin de ne pas être inclues dans le quota vénézuélien au sein de l’Opep, avant que Hugo Chavez ne change de stratégie afin de donner plus de visibilité géostratégique à son pays) dorment sous les forêts du bassin de l’Orénoque.

Capacités technologiques limitées

En effet, explique Arnoldo Pirela, spécialiste du pétrole à l’université centrale du Venezuela, par manque de sécurité juridique dans un pays où le régime se montre prompt à exproprier, les majors occidentales se sont gardées d’investir dans la ceinture de l’Orénoque. « La mise en valeur de ce pétrole bitumineux lourd, coûteux à extraire et à raffiner, a été suspendue pendant près de huit ans après que Hugo Chavez a ordonné que les joint-ventures soient désormais sous contrôle majoritaire de PDVSA, l’entreprise publique. » Les majors occidentales ont fait valoir que si, désormais, elles n’avaient qu’une participation de 40 % aux projets elles ne mettraient pas plus de 40 % des financements nécessaires. Or PDVSA, devenu en fait une gigantesque agence de redistribution de rente, n’a pas les capitaux nécessaires pour développer ces champs. Le pays est aussi privé d’expertise technique depuis que 20.000 cadres de PDVSA, surnommés les « putschistes »,ont été licenciés par Chavez en 2003 après une grève à visée politique. Le Venezuela s’est tourné vers des entreprises indiennes, cubaines, vietnamiennes et surtout chinoises, aux capacités technologiques cependant limitées. Résultat, « on ne produit pas un baril de plus qu’il y a sept ans », remarque Arnoldo Pirela.

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