D’inquiétantes questions sur les frappes de drones américains

Les Echos – Financial Times

Quelques mois après son arrivée à la Maison-Blanche, Barack Obama, un ancien professeur de droit, a reçu en octobre 2009 le prix Nobel de la paix. Un paradoxe car, écrit le « Financial Times », les Etats-Unis poursuivent leur campagne d’assassinat de terroristes au Pakistan et au Yémen, par l’intermédiaire d’aéronefs sans pilote. On peut comprendre que les dernières protestations au Pakistan ne rencontrent que peu de sympathie aux Etats-Unis, alors qu’Islamabad ne semble pas avoir pris les mesures nécessaires pour empêcher des militants islamistes d’utiliser leur territoire comme base arrière. Et Al-Qaida et les talibans restent une menace.

Mais ces frappes soulèvent d’inquiétantes questions morales et légales. D’après l’ONG britannique Bureau of Investigative Journalism, depuis 2004, sur les 3.000 personnes tuées par des drones, entre 474 et 884 étaient des civils. De plus, souligne une étude des universités de droit de Stanford et de New York, seulement 2 % des morts étaient des terroristes importants. Les Etats-Unis sont ainsi accusés de mener des attaques sans discernement sur la base uniquement de comportements suspects. Mais il y a un autre danger. Cette campagne de frappes aériennes est observée de très près par la Chine et la Russie qui un jour pourraient s’en servir comme précédent.

Certes, le président Obama, dit-on, serait lui-même soucieux des questions morales et examinerait personnellement le bien-fondé de certaines attaques. Certes, des responsables américains affirment que le nombre de civils tués est « remarquablement faible ». « Mais vu la nature secrète du programme, il y a a peu de moyens de vérifier l’ensemble de ces dires », affirme le quotidien britannique. Largement parce que le secret-défense est mis en avant et que le Congrès n’a pas pu mener jusqu’à ce jour d’enquête publique sur le sujet.

Pour le journal, « cela doit changer. Les questions soulevées sont sérieuses. Et il faut y répondre sérieusement », conclut le « Financial Times ».

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