L’Arabie saoudite juge que les cours « ont retrouvé des niveaux appropriés »

Les Echos

Le ministre du Pétrole saoudien plaide pour un prix stable autour de 100 dollars, pour financer ses politiques publiques sans entraver la croissance mondiale.

L\'Arabie saoudite juge que les cours « ont retrouvé des niveaux appropriés »

« Nos pays ont accompli des efforts importants pour restaurer la stabilité du marché pétrolier mondial, un exploit que nous avons réussi », s’est félicité hier le ministre saoudien du pétrole Ali al-Nouaïm, à l’occasion d’une réunion du Conseil de coopération du Golfe. « Les prix ont retrouvé un niveau approprié pour les pays consommateurs et producteurs de pétrole ainsi que pour l’économie mondiale et sa croissance », a-t-il jugé, selon l’agence de presse Reuters, alors que le cours du baril de brent se négociait hier autour de 112 dollars le baril, contre 117 dollars mi-septembre et 128 en mars (et autour de 90 dollars pour le WTI). Le cours actuel n’est toutefois pas à l’optimum : « Nous aimerons le voir baisser encore, vers les 100 dollars le baril », a précisé le ministre saoudien, confirmant ses positions antérieures.

Tandis qu’au sein de l’Opep le Venezuela, l’Iran ou l’Algérie cherchent à maximiser leur revenu pétrolier, l’Arabie saoudite, premier producteur mondial avec 10,3 millions de barils par jour en septembre selon Energytradingdata, défend une position plus nuancée, associant niveau élevé et stabilité. « L’Arabie saoudite a le pouvoir d’appuyer sur le frein ou l’accélérateur parce que sa situation financière est plus favorable et parce qu’elle a encore des capacités de production disponibles », observe Olivier Appert, qui dirige l’IFP Energies nouvelles.

Crainte des énergies alternatives

Sur le fond, la position de l’Arabie saoudite répond d’abord à un enjeu externe : le pays constate les difficultés économiques et politiques dans les grands pays consommateurs lorsque les prix s’élèvent. Cet été, des rumeurs ont circulé sur la volonté des Etats-Unis et de la France de puiser dans leurs stocks stratégiques pour détendre les prix des carburants. Fin août, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici avait poussé les pays du G7 à demander aux pays producteurs d’accroître leurs volumes. « Les Saoudiens redoutent qu’un pétrole trop cher aggrave la crise économique et qu’il enclenche des mécanismes de substitution », analyse aussi Denis Florin, analyste à Bearing Point.

Mais garantir des niveaux de prix autour de 100 dollars le baril et stables, c’est aussi, pour l’Arabie saoudite, un enjeu de politique interne. Car la rente pétrolière lui procure la quasi-totalité de ses recettes budgétaires : le pays n’a pas développé de ressources fiscales alternatives. Selon un expert français, l’Arabie saoudite a aujourd’hui besoin d’un cours à 88 dollars le baril pour financer ses dépenses publiques, surtout après les printemps arabes. Au-delà du niveau de prix, le pays cherche aussi la stabilité. A la fin des années 1990, la dette avait dépassé 100 % du PIB. La décennie des années 2000 a été employée à la ramener à moins de 10 %.

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