La stratégie très populaire du « carry trade » perd de son attrait

Les Echos

Investir sur des devises risquées en empruntant des monnaies qui ont de faible taux d’intérêt : une stratégie moins profitable et plus risquée que par le passé.

La stratégie très populaire du « carry trade » perd de son attrait

Le « carry trade », longtemps synonyme d’argent facile, n’est plus la panacée pour des marchés en manque d’idées nouvelles. Cette stratégie consiste à emprunter des devises qui ont de faibles taux d’intérêt (euro, yen ou dollar) pour les céder ensuite et investir sur des monnaies qui ont de plus forts taux d’intérêt, en gagnant ainsi sur le différentiel de taux. Seulement, « dans un monde où les taux d’intérêt convergent vers zéro, le « carry trade » n’est plus la force dominante des marchés des changes, qui réagissent davantage aux conséquences bien plus ambiguës des différents programmes d’assouplissement quantitatifs », explique David Bloom, responsable mondial de la stratégie sur les changes chez HSBC.

Entre 2000 et 2007, le « carry trade » a rapporté autour de 9 % par an, soit le plus fort rendement de toutes les stratégies. L’environnement était alors idéal : faible inflation, taux d’intérêt élevés, croissance… « Le fait que cette stratégie ait continué à être performante depuis la fin de 2008 s’explique par le début du programme d’assouplissement quantitatif de la Fed, qui a redonné aux marchés le goût du risque et profité aux monnaies d’investissement traditionnelles du « carry trade », comme les dollars australien et néo-zélandais », rappelle David Bloom.

Des paniers « carry trade »

« Quand on regardera 2012 dans le rétroviseur, on se rendra compte que la performance de cette stratégie n’était pas si mauvaise, bien qu’inférieure à sa moyenne historique, tempère Jonathon Griggs, directeur de la gestion devises chez JP Morgan Asset Management. Cette stratégie s’est révélée « satisfaisante pour notre société en investissant sur des monnaies comme les pesos mexicain ou chilien, la roupie indienne ou le shekel israélien, en utilisant l’euro comme devise de financement, constate Henrik Pedersen, directeur général de Pareto. La perspective de maintien de taux bas dans la zone euro a fait de la monnaie unique une des devises d’emprunt de choix du « carry trade » avec le yen ou le franc suisse. » « On peut encore gagner de l’argent, mais au prix de davantage de volatilité et risques, car les devises d’investissement du « carry trade » sont globalement surévaluées », ajoute Jonathon Griggs. Pour diminuer ces risques et les diversifier, les opérateurs ont recours à des paniers « carry trade » comportant plusieurs monnaies.

Déchue provisoirement de son trône, cette stratégie, très populaire, n’est pas pour autant condamnée. Moins adaptée au nouvel environnement macroéconomique, elle connaît une désaffection cyclique, mais loin d’être définitive.

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