Portefeuille fictif

Cette page est consacrée au portefeuille fictif.

Ce portefeuille n’a pas pour vocation de refléter la gestion quotidienne ou hebdomadaire d’un portefeuille réel. Son objectif est simplement d’éclairer sur des choix de gestion et d’allocation d’actifs. Il servira donc de repère dans la gestion d’un portefeuille réel.

Le profil de gestion est globalement Dynamique: prise de risque calculée, objectif de moyen terme (6 mois). Achats opportunistes comme stratégiques.

date de création: 1 avril 2009 (Cac 2807 pts) – 100 000€

PTF au 31/12/2011: 98 815.6 €

PTF au 31/12/2010:  126 767 €

Dernière mise à jour:  22 aout 2012

derniers conseils: HA 400 BX4 29.3€ + vente certificat Maîs 4721S 48€

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Liquidités: 35 872.11  €

Positions:

– 900 BX4 35.08 €

– 200 Safran 28 (le 26/04/12)

– 70 Christian Dior 114€ (le 10/04/12)

– 100 Newmont Mining (US6516391066) 55.5 $ (41.10 € le 20/01/11)

– 150 Eutelsat 28.55 (éxé le 10/03/11)

– 50 Iliad 91.5 (16/01/2012)

– 50 Air liquide 98.7€ (le 01/03/12)

– 100 Sanofi 51.2 € (éxé le 30/04/10)

– 120 Vallourec 75.5 € (le 04/06/10 + le 19/07/10)

ordres en attente: HA Société Générale 15.05

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Stratégie de Court Terme (09/05/2012):

Un changement majeur s’est opéré le mois dernier, et a entrainé la rupture de la tendance haussière de court terme dans laquelle le Cac s’était installé depuis l’intervention de la BCE mi-décembre: le retour du risque politique. Les évènements récents, notamment en Grèce, marquent en effet le retour de facteurs négatifs sur la psychologie du marché. S’y ajoute une rupture technique depuis le franchissement à la baisse des 3250 pts. Ce mouvement baissier devrait conduire l’indice parisient aux alentours de 3000 pts à court terme (entre 2970 et 3050 grosso modo). Ce support – psychologique et technique – est important. Après presque 600 pts de baisse depuis les plus hauts, le retour des acheteurs sera le point à surveiller, étant donné l’abondance de liquidité hors marché. L’absence de volume et la cassure des 2950 pts entraineraient très certainement le Cac à 2800 pts (retracement exact de la première vague de baisse 3600 – 3100 pts).

Bien qu’un retour d’une spirale baissière sous les 2950 pts laisse penser que l’objectif est à 2500 pts, (pont bas mars 2009) l’intervention de la BCE mi décembre a montré à mon sens qu’elle surveillait la situation et était prête à intervenir en cas de risque de propagation de l’incendie. Autrement dit, il me semble peut probable qu’elle agisse différemment la prochaine fois (c’est à dire si le marché retourne vers 2800 pts), et qu’elle laisse le départ de feu (= hausse de la volatilité, rupture des supports de court terme) se propager (= retour vers 2500 pts). Comme à son habitude, la scénario le plus probable est qu’elle attende d’observer de nouvelles tensions avant d’agir, et qu’elle passe à l’action  au moment où la maison risque de s’embraser pour de bon. Mon conseil est donc de guetter de moment où le marché s’emballera pour commencer à acheter. Parallèlement, une analyse des cycles saisonniers montre qu’en général la période mai-octobre sous-performe (faiblesse des indices, surtout en mai-juin et septembre-octobre) et que les années se terminant par x1 ou x2 ( 1991, 2001, 2002, 2011, 2012…) sont les plus faibles sur la décennie considérée. En intégrant en outre la cyclicité des affaires (cycles de Kitchin, de Juglar….), nous avons cette année un probable creux économique et boursier dans les mois à venir à exploiter sur un horizon de 2-3 ans.

Le marché US, qui a si bien résisté jusque là, me semble paradoxalement plus vulnérable qu’il n’y parait. C’était déjà le cas en début d’année, et les fondamentaux actuels sont toujours aussi fragiles. Son comportement m’a néanmoins  humblement donné tort. Je m’attends donc toujours à de mauvaises surprises de l’autre coté de l’Atlantique, pour les mêmes raisons. La trajectoire des indices US depuis le début d’année est à mon avis la pire boussole qu’un investisseur serait avisé de suivre dans une optique de moyen terme. Leur configuration actuelle, associée aux données économiques et aux leadings indicators, font figures d’avertissement majeur, car les circonstances actuelles ont toujours été associées à des déconvenues significatives. Un décrochage à court terme du S&P, associé à des chiffres économiques faibles et décevants jusqu’au mois d’Octobre, catalyserait bien sûr la baisse des marchés européens. Je reste pour le moment méfiant, et préoccupé par les propos de certains économistes (cf ici).

C’est ainsi quelques mois agités qui nous attendent. Malgré la hausse de la volatilité à prévoir, les déceptions sur la situation économique des USA, les difficultés à surmonter les problèmes européens, et la faible conviction qui caractérise les moments tourmentés, il faut se préparer à acheter à partir de 2800 pts, et être dans une stratégie d’accumulation sur les actions. Seul le franchissement à la hausse des 3300 pts permettrait de retrouver un biais haussier.  Tant que ce niveau n’est pas franchi, une nouvelle baisse de quelques centaines de points est très probable. C’est dans cette optique que des listes de valeurs doivent commencer à être constituées aujourd’hui (à acheter sur les niveaux pré-cités, en fonction des objectifs et du profil de chacun).

– Valeurs fortes (momentum très positif, bonne visibilité des résultats, progression des cours déjà importantes): stratégie de suiveur et de momentum: Safran, Ingenico, EADS, Gemalto, Zodiac

Valeurs favorites: Michelin, CGG Veritas, Accor, Air Liquide, Schneider, Scor,

Valeurs défensives: Sanofi, Total, Essilor, Pernod Ricard, Danone, Eutelsat

– Valeurs décotées dont la visibilité d’ici la fin d’année est faible: stratégie contrariante: Air France, Peugeot, Vallourec, Nexans, Valeo, Eramet, Veolia, Société Générale, BNP

Stratégie de Moyen Terme (au 22/01/2012):

La volatilité devrait perdurer cette année. Les arguments haussiers et baissiers semblent se neutraliser à ce stade si l’on essaie d’anticiper les 6 à 12 prochains mois. Il est probable que 2012 soit une année positive pour les actions, mais le chemin promet d’être agité voire chaotique. Pour Michel Cicurel, président de Rothschild AM, 2012 ne sera pas grise, mais noire et blanche (voir ici).

Les points positifs :
– Des ratios financiers intéressants, notamment les Price-to-book très attrayants sur une base historique
– L’hyper liquidité fournie par les banques centrales. De nouvelles mesures sont clairement envisageables en cas de dégradation du niveau de confiance.
– Le marché immobilier américain qui donne des signes de stabilisation. Ils sont pour le moment trop fragile pour établir une conclusion, mais sont encourageants (retour sous la moyenne 1980-2000 du prix moyen des biens, à 3 fois le revenu médian, contre 4.3 fois au plus haut, permis de construire et ventes de logements stabilisés, légère contribution positive de l’investissement résidentiel)
– La crise de solvabilité des Etats qui met en lumière la qualité des sociétés

Les points de vigilance :
– Le risque de déception sur les profits des sociétés US / un consensus trop optimiste
– Un ralentissement en Chine plus important que prévu ou mal maitrisé
– Une rupture en Europe et/ou un échec des solutions envisagées actuellement
– Une crise de la dette dans les pays anglo-saxons

Concernant le consensus sur les profits, il est important d’avoir en tête qu’en général, une récession légère entraine une baisse des profits par rapport à leur point haut de 20% (30% pour récession normale, et 40% dans le cas de forte récession).  Si, comme le pense l’OCDE, l’UE est en récession, cela donne une idée des chiffres à attendre dans les prochains trimestres. La question est plus délicate du côté des USA, puisque le risque de récession n’est pas négligeable pour certains malgré la bonne tenue – relativement aux anticipations faites l’été dernier – des derniers indicateurs d’activité et de confiance (cf J. Hussman, ici).

Le graphique ci-dessous représente la variation d’un indice composite mis en place par ce dernier. Le niveau actuel, en excluant le faux signal en 2003, a toujours été associé à une récession.

chart

 Ce risque s’éloignerait si l’amélioration des études de la Fed (Fed surveys) se poursuit, tout comme la baisse continue des inscriptions chômage dans un contexte de hausse des matières premières.

L’approche top-down anticipe pour le moment une croissance des profits US d’environ 7%, à 105$ sur le S&P, et l’approche bottom-up +10% à 108$. En conservant le PE actuel à 13, cela donne un objectif fin d’année à 1350. Pour certains, cela est utopique : étant donné le risque de baisse des profits dans l’environnement actuel et la fragilité de l’économie US, le marché devrait accorder un multiple moins élevé, aux alentours de 10 fois les profits attendus, voir 8 à terme pour ceux considérant que le marché est dans un mouvement de baisse séculaire dont une grande partir reste à constater.
Il faut à mon sens attendre les évidences et laisser les chiffres parler d’eux-mêmes, et être vigilant en ayant ces éléments en tête.  Il est certain qu’en ce début d’année, la marge de manœuvre pour améliorer la profitabilité des boites par une politique d’abaissement des couts est faible.

Pour Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo, le discours des dirigeants européens est aujourd’hui plus constructif. Le risque systémique est désormais moins important. Le mur de la dette cette année est un point à surveiller, mais le gros soutien des banques centrales et la marge de manœuvre disponible à la BCE semble constituer une digue suffisante. D’autant que le changement d’attitude de cette dernière, avec l’arrivée de Mario Draghi à l’automne dernier, modifie la donne : un style plus direct, une sensibilité plus forte pour la croissance, et moindre pour l’inflation dans l’environnement peu inflationniste actuel, un attachement apparent plus fort à la stabilité financière. En revanche, le consensus sur la croissance mondiale attendue, à +3.5%, lui parait trop optimiste. II conseille de viser +2.7%. Enfin, la mise en place de l’ESM est positive car c’est une structure avec du capital, favorisant l’effet de levier (contrairement à l’EFSF constitué de garanties). L’absence de bazooka est contrebalancée par des éléments importants qui mis bout à bout offrent des pare-feux significatifs.

Privilégier des sociétés capables d’assurer leur dividende, et établir simultanément une liste de valeurs européennes par une approche bottom-up permettra dans ces conditions d’offrir une bonne résistance aux chocs potentiels en début d’année puis de profiter d’une reprise des marchés si la visibilité revenait.
Une approche possible peut être de rechercher des sociétés offrant un rendement supérieur à 3% et une croissance attendue des bénéfices entre 5 et 15%, dont le PE est inférieur au secteur, et un payout en hausse. Aux Usa, de telles entreprises se nomment Lockheed Martin (yield 4.9%, EPS growth +15%), International Paper (3.6%, + 9%) ou bien Mattel (3.4%, + 10.5%).

Concernant les pays émergents, la Corée du sud reste un des marchés les plus abordables d’Asie (PE 2012 8 contre 12 pour le reste du continent), bien que ce fut déjà le cas début 2011. Un nouveau stimulus fiscal est attendu sous peu, comme une baisse des taux vers l’été (de 3.25% à 2.75%). Les élections parlementaires (avril) et présidentielles (décembre) peuvent être source de volatilité.

D’un point de vue sectoriel, l’agro-alimentaire (Danone, Suedzucker), le small healthcare (Biomrieux, Qiagen), le pétrole (Fugro, Technip, Saipem, Vallourec) et le luxe (Daimler, Dior, Boss) sont à considérer prioritairement.

Stratégie de LT (au 22/01/2012):

Un regard rapide sur l’année 2011 permet de tirer quelques conclusions :
– il n’y a plus d’actifs sans risque
– L’approche graduelle de résolution de la crise européenne a été globalement un échec
– La BCE ne veut pas d’actifs cotés dans son bilan
– Les actions les mieux valorisées sont celles qui ont le mieux performé
– Le marché de l’emploi US a été peu sensible aux stimulus

4 défis doivent être affrontés :
– une récession dans l’UE, et ses conséquences sur l’économie mondiale
– réformes budgétaires à mettre en œuvre
– la question du refinancement des dettes
– l’insolvabilité de la Grèce et celle du Portugal

Les questions posées par la crise européenne appellent des solutions profondes qui sont amenées à bouleverser la manière dont l’UE fonctionne aujourd’hui, la hiérarchie actuelle du pouvoir, tout comme le rôle et le fonctionnement des institutions en place. Le cap à prendre n’est pas encore fixé, ne serait-ce que parce nos dirigeants traitent actuellement un problème immédiat, et ne sont pas encore dans la réflexion de long terme quant à l’avenir de l’Europe. La situation d’aujourd’hui est instable, et ne permet donc pas de définir précisément l’orientation à suivre. La question du modèle de croissance de la zone, et de sa compétitivité, reste entière, bien que le plan de libéralisation de l’économie italienne présenté il y a quelques jours aille dans le bon sens. L’absence de consensus politique laisse peut-être penser que la pression du marché n’a pour le moment pas encore été suffisamment prononcée pour forcer les gouvernements à s’entendre. Cela reste néanmoins à voir.

Concernant la zone US, une fois les élections passées,  il est probable que  l’année 2013 soit celle de la consolidation budgétaire, et qu’un resserrement semble inévitable. C’est aujourd’hui un paramètre secondaire dans l’orientation des marchés, mais deviendra à n’en pas douter un facteur d’influence significatif.

En Asie, la question du savoir-faire politique pour négocier un virage économique lié à un ajustement du marché immobilier et celle de la dépendance aux exportations seront déterminantes. C’est autrement dit la question de l’évolution du modèle de croissance chinois, et notamment sur les questions sociales, qui est en jeu.
La question de la crise des dettes souveraines en Europe renvoie évidemment en filigrane à la situation budgétaire des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Certes, la situation actuelle est avant tout une crise de la dette, exacerbée par un manque de gouvernance (donc doublée désormais d’une crise politique).  En d’autres termes, la question de savoir si c’est une crise de la zone Euro ou une crise de la dette plus globale se pose.

Par conséquent, la tendance à long terme des marchés d’un point de vue fondamental est, comme bien souvent,  difficile à anticiper à ce stade, au moment où les équilibres (ou déséquilibres) mondiaux changent. La théorie des cycles peut en revanche apporter des éléments de réponses. En considérant les différents cycles (et plus précisément ceux de Kitchin et Juglar), on s’aperçoit que les conclusions d’un certain nombre d’analyses (UBS, Valquant, DaybyDay…) convergent. En 2011 et début 2012, ces deux cycles sont dans une dynamique baissière, suggérant un risque potentiel de surprises négatives quant aux indicateurs économiques de court terme et au climat des affaires. Pour rappel, le cycle de Kitchn (rotation des stocks) dure en général 3 à 4 ans, et celui de Juglar (cycle des affaires) entre 7 et 11 ans. Cependant, les deux devraient toucher leur point bas dans la deuxième partie de l’année. Si cela s’avérait exact, l’inversion de leur dynamique et leur retournement à la hausse permettrait une nouvelle tendance de long terme, haussière, sur les marchés.

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